J’ai récemment assisté à une présentation du Professeur Jean-Michel Rey sur le livre de Herman Melville « The Confidence Man » traduit en français par « Le Grand Escroc ». L'objectif de la présentation était de faire ressortir des passages du livre pour une prochaine adaptation au cinéma par la société de production Hérodiade de Georges Fernandez.


Le livre de Melville relate des rencontres entre des passagers d’un grand bâteau à aubes sur le Mississippi un 1er avril. Sous différentes formes, un escroc gagne la confiance des passagers pour leur soutirer de l’argent. La confiance est bien le thème central des différents rencontres. Qu’est-ce que la confiance ? Est-elle la base des relations humaines ? Peut-on ou doit-on faire confiance ?


Si le livre de Melville n’a pas rencontré le succès à sa sortie en 1857, il interpelle aujourd’hui. Inévitablement, Melville traitant des sujets d’argent, la discussion suite à l’intervention du Professeur Rey s’est orientée vers le cas Madoff. La comparaison entre les deux situations et les deux personnages est saisissante : importance de la mise en scène avec une orchestration méthodique de la relation avec l’autre et mise en avant quasi-obsessionnelle de la confiance. Rappelons nous cette phrase désormais célèbre : « On peut douter de Dieu, mais on ne doute pas de Madoff ! ».


Le parallèle entre les deux histoires m’amène à poser une question : Madoff avait-il lu Melville ? Une autre question me vient aussi à l’esprit : les investisseurs, professionnels ou non, n’auraient-ils pas dû lire Melville ? Une telle lecture n'aurait-elle dû pas être un préalable à ce que les professionnels appellent le due dilligence process...




" Le Grand Escroc " par Hermann Melville